La Nouvelle République — Le vapotage au travail, c’est fini !

Aiduce : je revendique le droit de rester ex-fumeurLa Nouvelle République a contacté l’Aiduce pour avoir le retour des utilisateurs sur le décret allégeant la loi santé sur l’interdiction du vapotage dans certains lieux publics.

Etrangement, l’Aiduce semble le seul interlocuteur, avec la journaliste, à se préoccuper de rappeler que cela ne doit pas détourner de l’application de la loi Evin sur le tabagisme, à informer les lecteurs de l’intérêt de réduire ses risques et ceux de son entourage.

Un tabacologue, un éminent membre de la Société Française de Tabacologie et une médecin semblent préférer insister sur des dangers imaginaires (le brouillard c’est osé pour la région de prétendre qu’on ne sait pas ce que c’est), conseiller d’autres moyens démontrés par les chiffres Britanniques comme significativement moins efficaces, démontrer que leurs conflits d’intérêts avec la pharmacie passent loin devant l’arrêt du tabac par les fumeurs, ou insister pour réduire la nicotine comme approche plutôt que d’assurer l’arrêt à long terme du tabagisme.

 

Pauline Phouthonnesy, La Nouvelle République, 01/10/2017

Un nuage de vapeur embuait le fait de fumer la cigarette électronique au bureau. A partir du 1er octobre 2017, son utilisation sera interdite dans (presque) tous les bureaux.

Le doute planait encore sur l’usage du vapotage au travail. Certains accros à la nicotine se cachaient derrière une législation flottante pour utiliser leur cigarette électronique en toute impunité, tandis que d’autres l’interdisaient tout simplement à leur voisin de bureau.

Le flou juridique s’atténue à partir de ce dimanche dans les entreprises qui n’ont pas déjà inclus dans leur règlement intérieur l’interdiction de vapoter.

Ainsi, la loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé indique qu’il est interdit de vapoter dans les établissements scolaires et établissements destinés à l’accueil, à la formation et à l’hébergement des mineurs, aux moyens de transports collectifs fermés et aux lieux de travail fermés et couverts à usage collectif (open space, ateliers, locaux).

Un risque d’amende

Le décret d’application publié le 27 avril 2017 précise le cadre de cette loi et entre en vigueur ce 1er octobre. Qu’est-ce qui va changer concrètement ? Il sera interdit de vapoter dans les lieux cités précédemment. Dans les entreprises, une signalisation apparente qui rappelle le principe d’interdiction devra être mise en place, sans quoi, le responsable des lieux encourt une amende de 68 €.

D’après Claude Bamberger, vice-président de l’Aiduce, association indépendante des utilisateurs de cigarette électronique, « l’affichage du règlement intérieur avec cette mention suffit. Pas besoin d’acheter des logos détournés de l’affichage anti-tabac, qui eux, sont répréhensibles de 1.500 € d’amende. »

Bafouer cette interdiction ou ne pas la connaître pour les employés, sera également puni d’une contravention pour les vapoteurs, à hauteur de 35 € et jusqu’à 150 € maximum avec les retards de paiement.

Des exceptions qui confirment la règle

« Bye bye » la cigarette électronique dans l’open space, le train, le métro, le tramway, les écoles, les collèges… En revanche, les lieux qui reçoivent du public ne sont pas soumis à cette réglementation, différenciée de celle du tabac.

Les bars, restaurants, hôtels, gares, hôpitaux, et cinémas ne pourront donc pas l’interdire à leurs salariés ou usagers, sauf mentions contraires dans leurs règlements.

La loi tolère cependant le vapotage dans les lieux où les personnes ne sont pas obligées de rester. Les salariés travaillant donc seul dans leur bureau pourraient ainsi échapper à la règle, de même que dans les couloirs, les toilettes, ou la salle de la machine à café, tout comme les halls d’accueil, qui reçoivent le public.

Empêcher ceux qui tentent d’arrêter de fumer ?

Cette interdiction fait néanmoins râler les fumeurs qui tentent de ralentir, voire d’arrêter complètement la nicotine par le biais de l’e-cigarette. « A l’inverse du tabac, dangereux pour la santé, la vape représente une gêne au niveau de l’odeur seulement. Les particules exhalées sont moins nocives que la cigarette, sans danger et s’évaporent rapidement » décrit Claude Bamberger.

Un point de vue décrié par certains scientifiques, qui prônent le principe de précaution.« On a des méthodes qui sont validées et testées pour arrêter de fumer et une prise en charge globale, analyse Jean-Noël Dubois, tabacologue indépendant à Esvres-sur-Indre (37).

La place de la cigarette électronique ne viendra que si tout le reste a échoué. Elles émettent des nanoparticules dans l’air ambiant dont on ne connaît pas les conséquences exactes. Il a fallu vingt ans pour dire que le tabac était dangereux ».

Le chercheur Ivan Berlin, docteur de pharmacologie à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris souhaite lancer une étude l’an prochain qui répondra à la question : « le vapotage aide-t-il à l’arrêt du tabac ? » L’enjeu ? Démontrer l’efficacité de cette technologie, qui pourrait alors être considérée comme un médicament auquel serait appliqué des tests montrant les effets sur l’homme.

En chiffres

41,2

La proportion en pourcentage des ex-fumeurs qui vapotent. Une part qui a augmenté entre 2014 et 2016, alors que celle des fumeurs quotidiens a diminué. (Sources : Baromètre santé 2016)

24,5

en pourcentages, le nombre de personnes âgées de 15 à 75 ans qui déclarent avoir expérimenté l’e-cigarette. (Sources : Baromètre santé 2016)

La e-cigarette : « un moyen parmi d’autres »

Au CHU de Poitiers, une unité de sevrage tabagique œuvre depuis plusieurs années pour aider les fumeurs à arrêter.

Le docteur Mylène Gilbert est responsable de l’unité de sevrage tabagique du CHU de Poitiers. La tabacologue travaille avec un autre médecin de sa spécialité, une psychologue-tabacologue pour identifier les émotions qui poussent à la consommation de tabac et une diététicienne pour les personnes qui ont peur de prendre du poids.

L’unité qui dépend du service de pneumologie reçoit en consultation, sur initiative personnelle, la plupart du temps et propose un suivi. Pour la tabacologue chargée de cette unité, « la cigarette électronique peut-être un moyen d’arrêter, parmi d’autres. Ce n’est pas un médicament, donc nous ne le prescrivons pas, mais souvent les gens qui viennent l’ont déjà expérimenté. Si ce projet leur convient, nous pouvons les encourager en leur apportant des conseils sur les dosages pour baisser peu à peu la présence de nicotine ».

L’an dernier, environ 500 personnes se sont présentées à l’unité.

Le docteur Gilbert ajoute :

La plupart des personnes qui viennent ont déjà utilisé le vapotage comme moyen de sevrage ou de manière occasionnelle mais n’ont pas été satisfaites et cherchent d’autres solutions

En moyenne, un fumeur tente d’arrêter de fumer cinq fois avant d’y parvenir durablement, la durée du parcours varie beaucoup d’une personne à l’autre. Toutefois, Mylène Gilbert est formelle : « Pour arrêter, il faut se préparer, anticiper les difficultés et se faire aider – tabacologue, ligne tabac info service, médecin. C’est une décision importante, et une décision personnelle ».

Source : http://www.lanouvellerepublique.fr/Toute-zone/Actualite/Sante/n/Contenus/Articles/2017/10/01/Le-vapotage-au-travail-c-est-fini-!-3242506

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